Préparation mentale trail et ultra-trail · Bailleul · Armentières · Tournai

Traverser la distance, la douleur et le doute

Philippe Dieumégard, athlète et triathlète ultra distance, spécialiste de l’ultra endurance, et moi-même, Didier Roussel, préparateur mental, avons décidé de réunir nos connaissances, nos compétences et nos expériences pour accompagner les coureurs de trail, de longues distances, et d’ultra distance.

Ma rencontre avec Philippe Dieumégard

144 heures : une expérience qui a changé mon regard sur le monde de l'ultra

C’est en 2019 que Philippe m'a demandé de l'accompagner comme préparateur mental sur un défi de l’extrême : une tentative de record du monde de distance parcourue sur vélo fixe, pendant 6 jours, 144h avec comme objectif 3000km.

À ses côtés, un second vélo, une équipe de 4 sportifs surnommés « les abimés de la vie » : 1 athlète avec Parkinson, 1 athlète avec un cancer et 2 athlètes ayant subi de multiples opérations chirurgicales. Dès la première nuit, devant la défection de l’un d’entre-eux, j’intègre l’équipe de relayeurs. Au soir du deuxième jour, nous n’étions plus que 2.

Philippe a atteint les 3000km et ce qui devait être une préparation mentale « classique » est devenue l'une des expériences les plus marquantes de ma vie de sportif.

J'ai été confronté à ce que l'on peut étudier dans les livres et les amphis sans jamais vraiment le connaître : le manque de sommeil, la douleur, la fatigue extrême, les fluctuations d’humeur et de motivation, de multiples états de flow.

C'est de cette rencontre puissante qu'est née une amitié, puis un partenariat.

Une conviction partagée en a découlé : un accompagnement pensé pour l'ultra-endurance ne peut pas être une simple adaptation de la préparation mentale classique. Il doit être construit pour elle, par ceux qui l'ont traversée.

Parcours-Palmarès de Philippe Dieumégard

Un homme faisant une prise de jugo à un autre lors d'un entrainement

Avec 33 saisons de sport d'ultra-distance et plus de 666 000 kilomètres parcourus (natation, vélo, course à pied, duathlon, triathlon), le palmarès de Philippe Dieumegard (70 ans) est impressionnant.

Impossible de tout lister, tant ses exploits sont immenses ; quelques repères suffisent à mesurer la démesure de son parcours :

  • Iron-Man Puissance 12 (45,6 km de natation, 2 160 km de vélo, 507 km de course à pied) — Le premier homme à passer la barre mythique des 10 Iron-Man.
  • 6 jours / 144 heures (avec phases de sommeil) : 3 000 km en vélo de course fixe — Record du Monde.
  • 48 heures (sans phase de sommeil) : 1 518 km en vélo de course fixe — Record du Monde.
  • 804 km en course à pied en 8 jours (lors de la No Finish Line à Monaco).
  • 246 km sur le mythique Spartathlon.

 

Sport & sciences : un laboratoire de recherche grandeur nature

Ces exploits ont fait l'objet de protocoles scientifiques de pointe pour étudier les limites du corps et ouvrir des voies thérapeutiques.

  • Biomécanique et Neurologie (Hôpital Henri Mondor - Pr Jean-Michel Gracies) : Analyses biomécaniques, IRM, PET scan et examens neurophysiologiques avant, pendant et après l'effort pour mesurer les impacts somatiques et explorer de futures applications thérapeutiques.
  • Suivi Cardiovasculaire (Centre « Mon Stade ») : Bilan, tests d'effort pour calibrer les zones d'ultra-endurance, et contrôles continus (mesures horaires des pulsations et de l'oxygénation pendant les 144 heures).
  • Gestion du Sommeil : Monitoring de la veille-sommeil sur 144 heures (6 électrodes) et mise en place d'un protocole de sommeil polyphasique (siestes de 3 à 20 minutes) pour une récupération maximale, servant d'outil d'éducation contre la dette de sommeil.

 

Pourquoi l'ultra demande une préparation mentale spécifique

On parle d'épreuves qui durent plus de 10h, parfois jusqu’à 144 heures voire plus !

Un Ultra n’est pas un marathon plus long, c’est une frontière à franchir pour rentrer dans un monde sans limites, celui des kilomètres sauvages et inédits qui viennent rencontrer votre courage et vous révéler qui vous êtes vraiment.

L’Ultra n’est pas un sport classique, il va vous transformer en profondeur, vous faire grandir en tant qu’individu et sportif.

Voici ce qui fait échouer les méthodes traditionnelles sur le terrain :

  • L'épuisement cognitif, la perte de lucidité et l'incapacité à aller chercher vos outils mentaux habituels.
  • L'illusion du contrôle. La préparation classique vise la maîtrise. En ultra, les imprévus sont inévitables. Un mental configuré sur le contrôle casse dès que le plan A vole en éclats.
  • La positivité toxique. Se répéter en course que tout va bien par 5°C avec le corps qui refuse de s'alimenter crée une dissonance cognitive destructrice. Lutter contre la réalité consomme plus d'énergie que l'effort physique lui-même.

 

Ce que nous vous apportons

La flexibilité plutôt que la rigidité

Passer d'une posture rigide à une posture d'acceptation (approche ACT).

L'objectif est de reconnaître l'inconfort ou le doute présent sans lui laisser le contrôle de l'action, pour continuer d'avancer en accord avec ses valeurs, son envie et la profondeur de sa motivation.

Des outils à faible coût cognitif

Des repères simples — ancrage, désamorçage — suffisamment automatisés pour rester activables en quelques secondes même quand le cerveau est plongé dans le brouillard mental et que la fatigue s'installe.

Une connexion à vos valeurs

Quand le chrono, le classement ou l'objectif s'éloignent, se relier à une intention intime et personnelle redonne du sens au pas suivant, reconnecte l’individu au sportif pour sublimer l’envie de franchir la ligne d’arrivée et vivre pleinement cette merveilleuse aventure.

L'Ultra n'est pas un combat contre les kilomètres ni une guerre contre soi-même, c’est l’art de rester lucide, heureux et adaptable au milieu du chaos. C’est l’art de se relier à son moi profond.

Ce sur quoi nous vous accompagnons

Concrètement, nous intervenons à vos côtés sur les défis réels du terrain :

  • Composer avec la douleur et la fatigue
  • Traverser les moments critiques : ravitaillements, nuit, récupération, sommeil, alimentation…
  • Désamorcer les pensées négatives
  • Conserver votre lucidité au moment où la vigilance et les ressources cognitives s'épuisent.
  • Préparer votre objectif, qu'il s'agisse d'un premier long trail ou d'un ultra d'exception.
  • Transformer un abandon passé en un levier d'apprentissage solide pour la course suivante.

Une préparation physique et un coaching adaptés

Pour aborder vos objectifs, la préparation mentale gagne à s’articuler avec un suivi physique rigoureux. En collaboration avec Simon Catteau, kinésithérapeute du sport, spécialisé en course à pied, vous pouvez bénéficier d’un bilan complet du coureur : analyse fine de l’entraînement, prévention des blessures et renforcement spécifique.

Un coaching personnalisé jusqu'au marathon est également proposé, avec un plan d’entraînement adapté, une progression structurée, un suivi régulier et un ajustement des séances en fonction de votre évolution et de vos objectifs.

Cette complémentarité permet d’aborder la préparation dans sa globalité, en associant préparation mentale et préparation physique pour arriver au départ dans les meilleures conditions.

Au-delà du marathon, lorsque l'objectif bascule vers l'ultra-distance, Philippe propose également un accompagnement physique, construit à partir de ce que seule l'expérience du terrain permet de transmettre : plans d'entraînement adaptés aux contraintes propres à la très longue distance, allure et alimentation en course, sorties longues et récupération.

Philippe Dieumégard lors des 24h du Mans sur le circuit Bugatti (212 km). Il terminera deuxième.

Ce qui se joue vraiment ?

Apprendre à écouter, constater, analyser, comprendre, accepter décider, s’adapter sans perdre le sens de ce qu’on est venu chercher.

Questions fréquentes

A quel moment de ma préparation devrais-je commencer l'accompagnement ?

Idéalement, 3 à 6 mois avant votre objectif principal. Cela laisse le temps d'automatiser les outils pour qu'ils deviennent des réflexes intuitifs à bas coût cognitif le jour J, lorsque la fatigue extrême s'installe.

Quels sont les outils que vous mobilisez ?

Il n'existe pas de technique unique. L'objectif est de construire votre boîte à outils personnelle, simple et immédiatement accessible le jour J pour amortir les moments difficiles et vous aider à trouver des solutions.

  • Visualisation et scénarios mentaux : Anticiper les crises (nuit, météo, baisse de régime, sommeil, douleurs, difficulté à s’alimenter).
  • Routines et ancrages à faible coût cognitif : Automatiser des gestes et mots-clés simples, activables instantanément.
  • Sieste et relaxation : récupérer par de courtes phases de sommeil ou de détente profonde, pour repartir avec des ressources renouvelées.
  • Travail attentionnel et motivationnel : Apprendre à déplacer son attention pour retrouver calme et lucidité
  • Dialogue intérieur et approche ACT : changer son rapport aux pensées négatives.
  • Travail sur les valeurs : Clarifier l'intention intime.
  • Hypnose et auto-hypnose : Activer vos ressources inconscientes (gestion des appréhensions, récupération, représentations) en complément du travail conscient.
  • Post-production mentale : Analyser à froid chaque épreuve pour transformer l'expérience vécue en apprentissage solide.

Faut-il déjà avoir couru un ultra pour venir vous voir ?

Non. L'accompagnement s'adresse aussi bien à un premier long trail qu'à un objectif d'ultra confirmé. Ce qui change, c'est le point de départ du travail — pas sa nécessité.

Quelle est la différence entre votre accompagnement en binôme et un préparateur classique ?

C'est l'alliance du terrain et de la méthode. Philippe apporte l'expérience brute, exceptionnelle et irremplaçable de l'ultra-distance — la traversée de la nuit, de l'alimentation, du sommeil et des crises en course.

De mon côté, j'apporte les outils qui structurent ce vécu. Ce croisement entre vécu d'athlète et expertise mentale offre un accompagnement réaliste, taillé sur mesure pour les exigences de l'ultra.

Comment gérer le manque de sommeil en ultra ?

En plus de la fatigue qui s'accumule, le manque de sommeil modifie progressivement la vigilance, l'attention, la perception et la capacité à prendre des décisions. Pour maintenir la performance et la lucidité, la clé réside dans le sommeil polyphasique.

Plutôt que d'attendre l'épuisement, nous mettons en place un système de siestes courtes. Ce protocole — testé et validé (voir la section Sport et Sciences) — permet d'obtenir une récupération maximale avec un minimum de temps de repos, transformant la fatigue en un paramètre gérable.